Le peignage est la seconde transformation du lin. C’est la
préparation du lin teillé pour pouvoir être filé. Les faisceaux de fibres vont
être divisés et mis en parallèle.
On forme une nappe à partir du lin teillé qui doit être la
plus régulière possible pour que le peignage soit réalisé dans de bonnes
conditions.
Les peignes sont garnis d’aiguilles de plus en plus fines,
et sont supportés par des tabliers rotatifs.
Les fibres passant dans les peignes, vont être divisées de
plus en plus finement au cours de leur progression.
Le peignage des pieds est réalisé en premier, puis dans un
deuxième temps, celui des têtes.
À la sortie de la peigneuse, une pince saisit et dépose les
fibres de manière à ce qu’elles se chevauchent sur une étaleuse.
Des barres munies de pointes appelées gills permettent de
maintenir les fibres parallèles, et de contrôler leur masse pendant qu’elles
sont étirées par un rouleau en bois.
Un ruban de lin peigné, aussi appelés bumps, est ainsi formé
puis pressé sur une longueur de six cents mètres à un kilomètre, selon les
spécifications des clients, pour être conditionné et expédié vers les
filatures.
Tout au long de cette transformation le lin fait l'objet d'un tracking qui permet au filateur de choisir son lin directement sur pieds et d'être ainsi sûr de la qualité fournie.
Culture délicate, le lin est planté au printemps, il pousse
en « 100 jours ».
Période sensible où de sa taille de pousse définira sa
qualité, pas assez donnerait un mauvais rendement et une pousse trop longue le
fragiliserait contre le vent.
Celui-ci est planté dans une terre finement préparée et
nécessite des conditions climatiques optimales et un réel savoir-faire de la
part de l'agriculteur.
Cette exigence de la plante pousse l’agriculteur à une
rotation lente, entre 5-6 ans entre deux cultures sur une même parcelle.
Le liniculteur choisit la variété de lin textile suivant ses
caractéristiques et les particularités de ses parcelles.
Selon les conditions climatiques, les semis sortent entre
début mars et mie avril.
Il faut environ 120kg de semences semées par hectare pour
obtenir un peuplement d’environ 1 800 plantes au mètre carré. Cette densité
assure le meilleur rapport entre le rendement, la résistance à la verse et les
qualités de fibres.
Peu ou pas d’engrais sont utilisés et à ce titre sa culture
contribue à la préservation de l’environnement.
Six semaines après les semis, le lin a déjà une hauteur de
10 à 15 cm. Capable d’une croissance de plusieurs centimètres par jour dans des
conditions optimales, la plante peu atteindre 70 à 80 cm en une quinzaine de
jours. Cette période correspond à l’élongation des fibres et au remplissage des
cellules fibreuses.
La floraison intervient vers le 15 juin, les champs se
parent alors d’une subtile couleur bleue pendant environ une semaine. Chaque
fleur a une durée d’éclosion de quelques heures seulement. Les fibres ont
atteint leur longueur maximale et les capsules contenant les graines se forment
au cours des quinze jours qui suivent la floraison.
La récolte commence vers le 15 Juillet, trop difficile à
couper, le lin va d’abord être arraché, ce qui préserve les fibres les plus
longues, puis déposé au sol sous forme d’andains, par les arracheuses.
Rapidement, après l’arrachage, les lins vont être écapsulés.
Les écapsuleuses-batteuses vont reprendre les andains afin de récupérer les
graines. Après avoir été triées et traitées, ces graines serviront de semences
pour l’année suivante, ou seront exploitées (huile, aliment...).
Le lin est ensuite laissé à mêmele sol pour le rouissage entre deux semaines à deux mois en
fonction des conditions climatiques et des caractéristiques des lins semés et
des parcelles.
Sous l’action de la pluie et du soleil, une action
enzymatique dégrade les pectines qui lient les fibres à la paille. Les
liniculteurs vont alors retourner les pailles en cours de rouissage pour
obtenir un résultat homogène.
Une fois sèches, elles sont enroulées, puis entreposées chez le liniculteur, avant leur passage au teillage pour séparer mécaniquement les pailles et les fibres.
Le lin cultivé (Linum usitatissimum) est une plante annuelle
de la famille des Linaceae,cultivée pour ses fibres et pour ses graines oléagineuses. Les fibres
sont transformées en cordes, tissu, ou plus récemment pour des matériaux de
construction. Les graines sont utiliséesdans l’industrie, pour produire de l'huile, de l'encre et de la
peinture, ainsi que des aliments pour animaux, pour leur richesse en oméga-3.
Le lin est une des rares fibres textiles végétales
européennes à la fibre longue (plusieurs dizaines de centimètres), par rapport
aux fibres courtes (le coton, le chanvre) ou moyennes (la laine).
L'Europe est le premier producteur de lin du monde, avec
deux tiers de la production, cultivés sur environ 110 000 ha.
En France, on le cultive de la frontière belge jusqu'à la
plaine de Caen.
Son excellence due à la réunion de trois facteurs bénéfiques
: un sols adaptés, des conditions climatiques favorables et un savoir-faire de
liniculteurs.
Rien n’est laisser au hasard, la préparation des terres, la
sélection des variétés, le semis et la croissance du lin, la récolte par
arrachage et le rouissage à terre, toutes ces étapes mobilisant la même rigueur
et les mêmes soins.
Protagoniste du développement durable, le lin européen est écologique et requiert cinq fois moins de pesticides ou d'engrais que le coton, de plus la rotation de ses cultures n'épuise pas les sols.
La première édition du Rallye bleu a eu lieu en 2004. Depuis tous les ans environ 500 participants se retrouvent un dimanche de juin pour parcourir à vélo un circuit dessiné autour du lin.
Le périple change tout les ans, puisque le lin ne peut se cultiver qu'une fois tous les sept ans sur une même parcelle, mais les promeneurs apprennent souvent que le lin pousse dans le nord. Semé entre mi-mars et mi-avril, le lin fleurit mi-juin.
Sa fleur éphémère s'épanouit un matin et se fane à l'heure du déjeuner. Une fois fanée, la fleur forme une capsule contenant les graines. Le lin est cultivé comme plante textile, pour les fibres de sa tige et pour ses graines.
Je vous laisse découvrir ci dessous un merveilleux article publié dans la revue "Le Nord" du mois de mai 2010.
Article qui nous laisse entrevoir un avenir fleurissant (dans tous les sens du terme) pour le lin.